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Mohamed Merabet

Mohamed, 80 ans, est né en Algérie. Il nous raconte l'histoire de ses parents et la sienne.

Mohamed MERABET, 80 ans, Algérien

Sa vie dans l'Algérie coloniale

Mohamed est né en 1930 à Nedroma, un petit village proche de la frontière marocaine, dans une famille de onze enfants. Son père enseigne le Coran. L’école française n’est pas accessible aux enfants indigènes. À l’école de son père, Mohamed n’apprend pas à lire le français.

1950. Il n’y a pas de travail dans le pays. L’Algérie est une colonie. Les Algériens ont la liberté de circuler et surtout, les ouvriers bénéficient en France des mêmes droits que les Français, ce qui n’est pas le cas en Algérie. À 20 ans, il s’embarque pour la France.

Sans formation ni métier, il travaille dans une carrière, à Chelles puis dans les travaux publics. Il passe une année au Havre sur les chantiers de la reconstruction.

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Son arrivée en Île-de-France

1952. Il arrive à Paris. Entré chez Renault Billancourt il passe 6 ans à fabriquer des pièces pour les 4 CV et les Frégates. Après avoir quitté l’usine au terme d’un conflit avec l’employeur, il est embauché dans un atelier de mécanique où il restera jusqu’à sa retraite.

Il habite un temps à Saint-Michel, dans un hôtel tenu par des compatriotes puis à Odéon. C’est là qu’il rencontre sa femme, venue d’Algérie avec une famille de « pieds-noirs ». Son père meurt en 1956. À cette époque, il est interdit aux Algériens résidant en France de se rendre dans leur pays.

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Sa vie en France

En 1954, la guerre pour l’indépendance d’Algérie éclate. Recrutés par le FLN, Mohamed et son épouse sont porteurs de valises. Dénoncé, il est arrêté en 1958. D’abord emmené au Palais de Justice à Paris, il passe un mois dans un gymnase, puis 6 mois dans un camp à Dôle, enfin à Saint-Maurice l’Ardoise où il reste plusieurs années avec plus de 1000 compatriotes.

Fin 1961, il est envoyé en Algérie 6 mois dans un camp.
Il est libéré après les Accords d’Evian, en 1962. Rentré en France, il découvre sa petite fille qu’il n’a pas vue depuis 4 ans. Aujourd’hui, Mohamed possède une carte de résidence renouvelable tous les 10 ans. Mais c’est au pays qu’il voudrait être enterré, à côté de son père.

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Thérèse Perreira