Mai - juin 2026 : Catherine Poncin
Œuvre exposée : Expression de Travaux 5
MDSM – 2004.26.1 à 8 - Année de création : 2004
Catherine Poncin (née en 1953)
Tirages à partir d'un fichier numérique sur imprimante Roland FJ500 (tête d'impression piézographique) sur papier pur coton Velin d'Arches. Jet d'encre pigmentaire, base aqueuse. Montage sur charnières en papier Japon, montant légèrement sur les 4 côtés de l'image, avec colle de conservation, le tout tendu sur plaque de polypropylène alvéolaire de 10 mm par encollage des bords du Japon rabattus au revers de la plaque polypropylène.
Ripeur, imagination et concentration pour faire vite et bien
On ne mesure pas combien la tâche des éboueurs, réalisée en un temps limité, réclame vivacité d’esprit et concentration pour faire face aux contraintes du métier : horaires nocturnes ou décalés, efforts physiques, exposition aux produits toxiques et aux conditions climatiques, bruit du camion, trafic automobile et agressivité, non-respect des règles de tri par les usagers… Une équipe d’éboueurs se compose d’un chauffeur et de deux ripeurs qui vident les containers de déchets dans le camion benne. Ce travail, usant pour l’organisme, entraîne fatigue et douleurs articulaires. Le ripeur, sous la pluie ou dans la chaleur, réalise des courses brèves. Son corps est sollicité par coups de reins, torsions, postures «bras en l’air», ramassages au sol et ensemble des manutentions assorties d’efforts violents. Gagner du temps est son maître-mot. Le ripeur s’organise en combinant déplacements, manutentions, coordination avec les autres membres de l’équipe. Il réduit ses déplacements en prenant plus à chaque fois, en prenant de chaque côté de la rue, ou en regroupant pendant que le camion manœuvre. Les ripeurs et le chauffeur s’entraident en appréciant les volumes de déchets sur le trottoir, l’emplacement du camion, les conditions de circulation et de sécurité. Chaque ripeur prend en charge un côté de la rue ou, au contraire, une zone, pendant que l’autre regroupe des charges ailleurs. Cette coopération est possible s’il y a une bonne entente dans l’équipe. Il optimise les manutentions par des gestes et des postures qui provoquent parfois des efforts supplémentaires : se courber pour la préhension des sacs, ne pas utiliser le système automatique de levage du container ou le marche-pied du camion... Le ripeur anticipe la prise de la charge par son expérience qui lui permet d’apprécier la nature des déchets et le poids des containers: position par rapport à la charge, prise et lever de la charge, prudence par rapport à certains déchets.
Aujourd’hui, l’automatisation des camions soulage une partie de la pénibilité de ce métier.